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Notice d'autorité
André, Louis
Personne · 1631-1715

Louis André, s.j., prêtre et missionnaire jésuite, né le 28 mai 1631 à Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône, France, et décédé le 19 septembre 1715 à Québec. Après avoir reçu une formation dans l’enseignement et terminé les études ecclésiastiques de rigueur chez les jésuites, il s’embarqua pour la Nouvelle-France. À l’âge de 54 ans, après tant d’années de travail missionnaire, on le chargea d’enseigner la philosophie, et plus tard le latin, tâche qui l’occupa jusqu’en 1690. C’est sans doute pendant cette période qu’il compila son dictionnaire des langues algonquine et outaouaise, de même qu’un petit guide de conversation, qui existe encore, intitulé : « Preceptes, Phrases et Mots ».

Archives du Collège Sainte-Marie
Collectivité · 1844-1968

La Collection des Archives du Collège Sainte-Marie tire son origine du retour des jésuites au Canada en 1842. Les jésuites y étaient absent depuis le décès du dernier jésuite de la Nouvelle-France, Jean-Joseph Casot, s.j., en 1800. L’archevêque de Montréal, Ignace Bourget, a alors interpellé les jésuites afin de mettre sur pied une école à Montréal. Le premier recteur, Félix Martin, s.j. (1804-1886), était également le premier archiviste. En 1844, père Martin visite l’Hôtel-Dieu de Québec où les sœurs avaient conservé les importants manuscrits jésuites des 17e et 18e siècles qui leur avaient été légués depuis la mort de père Casot. Ces manuscrits incluaient des documents qui témoignent de la vie et des activités des martyrs canadiens, des Relations des missionnaires jésuites de la Nouvelle-France et la biographie de Kateri Tekakwitha. Ce processus de rapatriement représentaient une première étape dans la reconstruction du patrimoine jésuite et dans le développement de la collection d’archives.

Père Martin a commencé s’intéresser profondément à l’histoire de l’ancienne société jésuite en Nouvelle-France, en particulier aux martyrs canadiens. Il a utilisé la collection Casot (comme il l’a nommait) pour rédiger les biographies d’Isaac Jogues, s.j. et Jean de Brébeuf, s.j. En 1857, il a accepté du financement provenant du Gouvernement du Canada afin de trouver et retranscrire des documents historiques reliés à l’histoire du Canada (particulièrement ceux en lien avec la Compagnie de jésus). Ces documents se trouvaient dans divers centres d’archives en Europe et dans les Archives du Gésù à Rome. Ces documents ont ultimement été transférés à la Bibliothèque du Parlement (maintenant Bibliothèque et Archives Canada), sous la Collection Félix Martin. Père Martin a quitté le Canada pour la France en 1861, mais a continué ses recherches, amassant un nombre considérable de notes et de transcriptions qu’il a envoyés au Collège Sainte-Marie avant sa mort en 1886.

Pendant ce temps, Adolphe Larcher, s.j. (1815-1897), professeur de rhétorique et de latin au Collège Sainte-Marie, a pris les reines de la collection d’archives, dans une dimension limitée. Le plus gros du travail de père Larcher fût de retranscrire des manuscrits originaux se trouvant dans différents centres d’archives.

Vers la fin des années 1880, Arthur E. Jones, s.j. (1838-1918) est devenu le premier archiviste du Collège Sainte-Marie officiellement reconnu dans le catalogue de la mission. C’est sous père Jones que la collection d’archives a véritablement pris forme. Il a sécurisé le premier emplacement physique spécifiquement dédié aux archives, dans le sous-sol du Collège. Père Jones a catalogué les papiers de père Martin et tous les manuscrits originaux qui ont été en sa possession. Il a également travaillé avec père Larcher, en gardant les pères jésuites vieillissant occupés à des projets de transcription, ce qui a grandement contribué à l’expansion de la collection. Au milieu des batailles juridiques concernant la question des biens des jésuites, sa collaboration avec Reuben Gold Thwaites et sa propre recherche archéologique sur les sites des martyres Lalemant et Brébeuf dans la vieille Huronie (qui a résulté en un ouvrage publié par Jones pour le Ontario Bureau of Archives, en 1909), père Jones a développé les Archives comme un centre de recherche pour toutes les questions concernant l’histoire jésuite en Amérique du Nord. Il a également étudié des manuscrits originaux en détail, en déterminant les auteurs et en confirmant leurs dates d’arrivée et autres détails afin de créer une liste des travaux des jésuites reliés à la Nouvelle-France pendant l’ancien régime. La création de cette liste a eu un impact significatif sur le développement de la collection d’archives de plusieurs façons. Premièrement, père Jones a organisé la collection selon la chronologie de la présence des jésuites en Nouvelle-France. Dans un second temps, il a écrit les dates des arrivées, des départs et des décès des jésuites sur les pages frontispices des documents. Finalement, il a inscrit des notes détaillés sur les documents dans un processus aligné à la finalisation de la liste des travaux jésuites. La nature du transfert de connaissances au 19e siècle était intrinsèquement associé à la matérialité; l’information était uniquement accessible à travers les objets matériels. Par conséquent, alors que père Jones cherchait à obtenir des informations, la collection d’archives s’agrandissait constamment grâce à de nouvelles transcriptions, apographies, reproductions photos et manuscrits.

En 1918, Arthur Melançon, s.j. (1863-1941), a succédé à Jones dans le poste d’archiviste. Il a alors réorganisé le catalogue conçu par père Jones, dans une liste numérique, tout en gardant l’ordre chronologique. Par conséquent, les notes des pères Martin, Larcher et Jones furent intégrés à tout jamais dans le catalogue créé par Melançon. Ce processus fût l’étape finale de l’organisation de la Collection, culminant alors le travail effectué par les archivistes du Collège Sainte-Marie, qui est ainsi constituée d’un mélange éclectique de manuscrits originaux, de transcriptions et de notes de recherche des archivistes. Melançon a également continué la liste du père Jones et a publié sa propre version en 1929.

Paul Desjardins, s.j. (1895-1975) a remplacé père Melançon comme archiviste de la collection en 1941. Il a continué le travail de père Melançon sur la liste numérique. Père Desjardins a porté un intérêt particulier sur l’histoire du Collège Sainte-Marie. Comme les pères Martin et Jones ont développé la collection à travers leurs propres recherches, père Desjardins a développé la collection en parallèle à ses travaux de recherche sur l’histoire du Collège Sainte-Marie, qu’il a publié en deux volumes; le premier en 1940 et le second en 1945.

Du père Martin jusqu’au père Desjardins, les Archives du Collège Sainte-Marie ont été caractérisés par un développement constant qui étaient constituées de manuscrits originaux, de notes des archivistes, de la recherche diverse dans les différents sujets de la collection et de correspondance qui peuvent être décrites d’une manière exhaustive comme étant reliées à l’histoire des jésuites de la Nouvelle-France et du travail des archivistes en charge au Collège Sainte-Marie.

Arès, Richard
Personne · 1910-1989

Richard Arès, s.j. est né à Marieville en Montérégie le 7 janvier 1910. Ses parents sont Georges Arès et Dorila Théberge. Il fait son cours secondaire, sa rhétorique, sa philosophie et ses sciences au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Arès entre dans la Compagnie de Jésus le 7 septembre 1931 et est ordonné prêtre le 13 août 1944. Il obtient un baccalauréat ainsi qu’une maîtrise ès arts de l’Université de Montréal en 1931 et 1935, un diplôme en sciences sociales de l’Université de Montréal en 1939, un diplôme en philosophie en 1937, un diplôme en théologie en 1945, un Ph.D. de l’Institut catholique de Paris en 1948 ainsi qu’un doctorat en droit international de l’Université de Paris en 1948.

Il a été adjoint au directeur de l’École Sociale Populaire de 1937 à 1939, professeur de philosophie au Collège Saint-Boniface de 1940-1941, professeur d’économie politique et de grammaire au Collège Jean-de-Brébeuf, professeur de philosophie et modérateur de l’Académie des sciences académiques de 1940 à 1941, professeur de logique et de métaphysique ainsi que d’histoire de la philosophie au Collège Jean-de-Brébeuf de 1946 à 1947. Il est revenu au poste d’adjoint au directeur de l’École Sociale Populaire (qui est devenu l’Institut social populaire en 1956) de 1949 à 1959. Il a été professeur de sociologie au Collège de l’Immaculée-Conception de 1949 à 1951. Père Arès a donné des cours de 1951 à 1960 à l’Université de Montréal. Par la suite, il a été directeur de la revue Relations de 1956 à 1969 ainsi que président des «Semaines sociales». Il a participé à la 31e Congrégation générale de la Compagnie de Jésus en 1965-1966. De 1973 à 1983, il se concentre sur sa carrière d’écrivain. En parallèle, il a été collaborateur à l’émission radiophonique «Qu’en pensez-vous?» de 1977 à 1982.

Père Arès a été membre de nombreuses associations : les Semaines Sociales du Canada (section française), l’Académie des Sciences morales et politiques du Québec, de la Ligue de l’action nationale, la Commission sacerdotale de l’Éducation, la Compagnie des Cent-Associés francophones, conseiller moral de l’Institut de formation sociale du Québec ainsi qu’aumônier et conseiller moral de la Société Saint-Jean-Baptiste ainsi que de la Fondation Lionel-Groulx. Il a été commissaire à la Commission royale sur les problèmes constitutionnels (Commission Tremblay) de 1953 à 1956.

Étant spécialiste de la question nationale canadienne-française, il est l’auteur de plusieurs publications sur ce sujet : La série Notre question nationale : Tome I : Les faits (1945), Tome II : Positions de principes (1945), Tome III : Positions patriotiques et nationales (1947), Tome IV : Nos grandes options politiques et constitutionnelles (1972), Tome V : L’Église et les projets d’avenir du peuple canadien-français (1974). Voici d’autres de ces titres : La Confédération : Pacte ou Loi (1949), Le rôle de l’État dans un Québec fort (1962), Pour un Québec fort (1963), Dossier sur le pacte fédératif de 1867 (1967), Les positions ethniques linguistiques et religieuses des Canadiens français à la suite du recensement de 1971 (1975) ainsi que L’Église dans le monde d’aujourd’hui (1977). En plus d’une dizaine de livres, il a aussi écrit plus de 200 articles dans diverses revues d’études sociales de langue française et de la langue anglaise. En 1963, le P. Arès a été fait membre de la Société royale du Canada ainsi que de l’Ordre du Canada. En 1979, il est fait officier de l’Ordre du Canada.

En 1983, il déménage à la résidence Notre-Dame-de-Montserrat à Saint-Jérôme. Il est décédé le 9 août 1989 à Saint-Jérôme. En 1991, l’Action nationale crée le Prix Richard-Arès qui récompense l’auteur du meilleur essai publié au Québec durant l’année.

Béchard, Henri
Personne · 1909-1990

Henri Béchard, s.j. est né le 16 décembre 1909. Ses parents, Henri-Philippe Béchard et Rose Hamel, faisaient alors parti du Diocèse de Portland, à Lewiston, Maine. Père Béchard a été baptisé trois jours après sa naissance à la Saint Mary’s Parish à Lewiston. Suite au décès de son père, père Béchard et sa mère ont déménagé chez les grands-parents d’Henri, à Quincy, au Massachusetts. C’est à Quincy que père Béchard a complété son école primaire. Il s’est par la suite inscrit dans les cours classiques et de finance au Séminaire Saint-Charles Borromée à Sherbrooke, Québec, où il est demeuré de 1925 à 1932.

Père Béchard est entré dans la Compagnie de jésus le 7 septembre 1932 comme novice au Sault-au-Récollet. C’est là qu’il a prononcé ses premiers vœux, le 8 septembre 1934. De 1934 à 1938, il a poursuivi des études en lettres, histoire, langues et philosophie, tout en évoluant comme professeur d’anglais auprès de ses collègues francophones jéuites. De 1938 à 1941, père Béchard a complété sa régence en étudiant au Collège Jean-de-Brébeuf. De 1941 à 1945, il a poursuivit des études en théologie au Scolasticat de l’Immaculée-Conception. Il a été ordonné au Gésu, à Montréal, le 13 août 1944.

De 1945 à 1946, père Béchard a complété sa troisième année à Mont-Laurier et a par la suite servi comme assistant au supérieur au Scolasticat de l’Immaculée-Conception, de 1946 à 1948. Il a prononcé ses derniers vœux le 3 février 1947 à l’Immaculée-Conception, en présence de son coadjuteur spirituel Léon Pouliot, s.j.

Père Béchard, suite à sa demande, a été envoyé, à partir de 1948, à la Mission Saint-François-Xavier à Kahnawà:ke où il a initialement servi comme directeur de la nouvelle école Tekakwitha Indian School. Il fût bientôt nommé vicaire de la paroisse, poste qu’il occupa pendant plus de dix années.

Le rôle de père Béchard comme vice-postulateur l’a immergé dans l’histoire jésuite et autochtone à l’époque de la Nouvelle-France. Père Béchard est l’auteur de plusieurs ouvrages, en français et en anglais, sur ces sujets. Ses recherches sur Kateri Tekakwitha et Jérôme le Royer de la Dauversière, noble français qui a contribué à l’érection de Montréal, sont exhaustives et ont mené à des biographies : L’héroiqïque indienne Kateri Tekakwitha, publiée en 1980, et Jérôme le Royer de la Dauversière: His Friends and Enemies (1597-1659), publiée de manière posthume en 1991. Père Béchard est également l’auteur de publications sur l’histoire de l’établissement de Kahnawà:ke, incluant J’ai cents ans (1946) et The Original Caughnawaga Indians (1976). De plus, il a été en charge de la publication Jesuites Canadiens pendant de nombreuses années.

Le dévouement de père Béchard sur les sujets concernant Kahnawà:ke et ses relations avec l’Église catholique l’a mené à explorer la communauté où se trouvait la Mission Saint-François Xavier entre 1696 et 1717. Père Béchard a ainsi réuni une petite équipe d’archéologues qui ont effectué des fouilles sur le site pendant les années 1955 et 1956. Même s’il n’a pas été possible de compléter l’excavation, dû à un manque de ressources, plusieurs milliers de reliques ont été récupérés.

Père Béchard est décédé soudainement le 19 mars 1990, au presbytère de l’Immaculée-Conception, après avoir passé 58 années de sa vie dans la Compagnie de jésus.